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Fatoumata Chérif : « Les TIC m’ont donnée des opportunités inimaginables »

31 mai 2016
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Fatoumata Chérif : « Les TIC m’ont donnée des opportunités inimaginables »

Pour lancer  notre  série de portraits que nous comptons vous livrer chaque semaine désormais  , notre rédaction a rencontré en avant  première  Fatoumata Chérif journaliste-blogueuse , Consultante en communication et Web activiste. Les TIC sont  ses outils  de  tous les  jours.

Au cours de cet entretien  , Fatoumata Chérif a bien voulu partager ses expériences  de pionnières dans le domaine du  web  .

 

Bonjour, qui est Fatoumata Chérif ?

Merci de me donner l’opportunité de m’exprimer sur votre site qui est un projet innovant.

Je suis Chérif Fatoumata, Consultante en communication, blogueuse et webactiviste. Je suis également Présidente-Fondatrice d’une ONG dénommée Femmes, Pouvoir & Développement (FEDEP).

Passionnée par les métiers de la communication, j’ai mis en place un Groupe de communication-médias dénommé NEW BUSINESS COMMUNICATION (NBC) qui propose diverses prestations de services telles que Communication Institutionnelle (Consultance pour Secteur privé et public, Institution), Communication Visuelle (Design, Infographie, audiovisuel, spot, création de sites, médias…) ; Edition, Marketing ; Évènementiel ; Conseil et Relation Presse.

Qu’est-ce que vous apportent les TIC dans l’accomplissement de votre tâche de consultante ?

A cette question je répondrai que les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) sont le socle même de mon travail de consultante. Sans elles, je ne saurai être proactive. Je dirai que notre génération a de la chance d’être née sous cet air.

Vous le savez bien, être analyste en communication nous amène à rester en contact permanant avec les clients qui ont besoin d’informations à la seconde. Grâce aux TIC, le monde est devenu un village planétaire.

De la Guinée, je travaille avec des clients se trouvant en France, aux Etats-Unis, un peu partout dans le monde. C’est sur la base des logiciels et applications que nous travaillons, parfois même sans nous connaitre physiquement, car c’est le résultat qui compte.

Les TIC m’ont donnée des opportunités inimaginables : formation, réseautage, voyages pour ne citer que celles-ci.

C’est pourquoi j’invite les jeunes à mieux utiliser internet qui ne se base pas que sur les réseaux sociaux. On peut trouver du travail en ligne, étudier en ligne, avoir des diplômes de haut niveau en ligne. Moi-même je suis actuellement étudiante en Master Management des Médias d’une prestigieuse école de journalisme. C’est bien grâce aux TIC.

Outre mon travail de consultante, je suis également blogueuse pour la plateforme Mondoblog de RFI et www.voiceofyouth.org de l’UNICEF, contributrice pour le site panafricain www.afriquefemme.com.

Militante écologiste, je me bats également pour sensibiliser les jeunes et femmes sur les questions liées au respect de l’environnement et de la biodiversité en général à travers des articles, des reportages vidéos, des sensibilisations sur les réseaux sociaux, interviews. C’est à ce titre que je contribue sur les sites  climatereporters.com  de l’Alliance Panafricaine des Médias pour le Changement Climatique (PAMACC) et mediaterre.com de l’Institut de la Francophonie et  Observatrice climat de France24. Vous constatez donc que ce sont les TIC qui impulsent cela.

Pourquoi selon vous la fracture numérique ne baisse pas en Guinée ?

A lire aussi : Abdoulaye Bah : «La Guinée ne peut pas échapper à l’expansion d’Internet, comme le reste du monde»

Fatoumata_Cherif

Fatoumata Chérif , crédit photo : Profil Facabook

Pour ma part, je pense que la Guinée a évolué par rapport à bien d’autres pays de la sous-région que j’ai visités. C’est vrai que les coûts laissent encore à désirer si on évalue la bourse du guinéen, mais avec une étude comparative des tarifs, des débits, de l’accessibilité et de la diversité des réseaux, la Guinée reste à féliciter et est enviée par beaucoup de jeunes des pays du centre et du sahel.

Vous savez notre pays a connu un retard dans l’installation de la fibre optique alors qu’elle était censée être l’une des premières à y accéder. Ce retard a eu un sérieux impact sur le déploiement du réseau dans les préfectures et sous-préfectures, la quasi-disparition des téléphones fixes et du bon fonctionnement de l’Office de la Poste Guinéenne, et le retard dans la mise en œuvre du projet E-Gouvernement.

Avec les efforts et l’appui des partenaires, cette fracture se corrige peu à peu. De nos jours, nous constatons le développement des services bancaires, des paiements et transferts d’argents par téléphone, des télévisions connectées, des smartphones que les adolescents utilisent avec brio.

Une connaissance vivant au CANADA m’a une fois dit qu’elle était étonnée de comment les jeunes guinéens s’en sortent en Tic parfois même mieux que les jeunes occidentaux qui sont nés avec.

Et nous espérons concurrencer les pays anglo-saxons qui deviennent des as dans le domaine. Le Rwanda par exemple compte, dans les années à venir, remplacer les billets de banque par la monnaie électronique.

Qu’est-ce que ça vous dit quand vous entendez les gens utiliser l’expression les nouvelles technologies alors qu’elles ne sont plus nouvelles ?

Moi, je pense que l’expression ne gêne pas d’autant plus qu’elles restent des technologies nouvelles pour bon nombre de personnes. Peut-être que dans quelques années, l’expression Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) prendra le dessus sur Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) qui datent des années 1990-2000.

Vous savez d’année en année, les outils changent, les logiciels se développent, de nouveaux appareils sont implémentés, nous passons des micro-éléments aux nano-éléments. A quoi devons-nous nous attendre dans les années à venir ?  Donc à mon sens, nous serions toujours surpris par de Nouvelles Technologies.

Le jour par exemple qu’on parlera le LIFI (Internet par la Lumière) à la place du WIFI en Guinée, nous serons étonnés par ces Nouvelles Technologies.

En Guinée ‘’trop’’ de sites internet, est-ce une absence de réglementation ?
Fatiche

Fatoumata Chérif , crédit photo : Profil Facabook

Le constat est alarmant. Nous avons au moins 200 sites en Guinée actuellement. Ce milieu a besoin de réglementation et d’un audit pour faire la part entre les professionnels, les arnaqueurs et mêmes les ‘’radicaux’’.

Vous savez, par la facilité d’accès aux services du Net, chacun peut se saisir d’un ordinateur pour créer un site. Il suffit juste de s’y connaitre un peu.

Des fois on ne se sait pas qui se cachent derrière : est-ce un politicien, est-ce un terroriste, est-ce un pédophile ou une mafia organisée ? Je crois que les autorités judiciaires doivent se pencher sur la question.

Je suis convaincue que la réglementation pourra être mieux faite lorsque le domaine .GN de la Guinée lui sera restitué.

En Guinée, il existe des faîtières qui se donnent pour rôle d’identifier les sites, leurs administrateurs, et ainsi vérifier s’ils sont bien enregistrés au Tribunal et reconnus par la Haute Autorité de la Communication (HAC). Je suis moi-même Secrétaire Chargée des Relations Extérieures d’une d’entre elles. Élue récemment seule femme sur 13 membres du Bureau Exécutif.

Votre mot de la fin

Jeunes de Guinée, vous avez l’opportunité d’apprendre, de vous démarquer dans votre domaine d’activité. Ne perdez pas cette opportunité de construire votre e-réputation. Le succès n’a point d’âge. On peut avoir 15 ans et avoir un QI (quotien-Intelectuel) d’un adulte de 35 ans.

Trouvez un domaine dans lequel vous vous sentez le mieux, et devenez-y un expert.  Apprenez, écoutez les plus expérimentés, soyez votre propre concurrent. Je veux dire par là d’être animé par la volonté de se surpasser chaque jour.

Pour finir, je souhaite bon vent au site YitereTech qui est un projet guinéen inspiré des expressions locales.

Je vous remercie.

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